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09/11/2010

Le gaullisme, figure imposée: Guillaume Tabard

Les Échos, 09/11/2010


Si l'Eglise célèbre la saint Charles le 4 novembre, la République célèbre la saint De Gaulle le 9 novembre, jour anniversaire de sa mort, il y a tout juste quarante ans.

Comme Jacques Chirac avant lui, Nicolas Sarkozy marque cette solennité d'un pèlerinage à Colombey-les-Deux-Eglises. Comme s'il importait de prouver qu'ils ne furent pas seulement ses successeurs à l'Elysée, mais aussi ses héritiers. Une manière de répondre au procès en illégitimité gaulliste instruit au sein de leur propre camp. Dans les années 1970, ce sont les « barons » qui contestaient le label au président du RPR. Cette fois, ce sont les chiraquiens qui le dénient à l'actuel président de la République.

Mais au fait qu'est-ce que le gaullisme ? Et peut-on projeter sur le monde multipolaire d'aujourd'hui les analyses et les choix du temps de la guerre froide ?

L'a-t-on assez scandé : le gaullisme est un pragmatisme. Autant un style qu'une idéologie. Une posture qu'une doctrine. Dès lors, chacun peut ériger sa propre action en étalon de la fidélité au gaullisme.

Ainsi, les chiraquiens opposent l'attitude de Jacques Chirac sur la guerre en Irak, un symbole du refus gaulliste de l'alignement sur les Etats-Unis, au retour dans le commandement intégré de l'Otan, décidé par Nicolas Sarkozy. Oubliant que le général de Gaulle était capable de s'adapter aux circonstances, comme le confirme son revirement, en à peine plus d'un an, sur l'Algérie.

En se rendant à Colombey à quatre jours de la présidentielle de 2007, le candidat UMP soulignait que la « rupture » était l'attitude fondatrice du gaullisme. Et que celui-ci a toujours été un art du mouvement.

Si le gaullisme se définit par une hauteur quasi monarchique dans l'exercice du pouvoir, François Mitterrand fut sans conteste le plus gaullien des présidents, lui qui avait peint de Gaulle en « consul, podestat, roi sans couronne, sans chrême et sans ancêtres ».

Dominique de Villepin qui juge la présidence sarkozyste si peu gaulliste ne s'est jamais offusqué que Jacques Chirac reste à l'Elysée après une dissolution manquée ou un référendum lourdement perdu.

A chacun son gaullisme. Ces querelles d'héritage n'ajoutent rien à l'homme du 18 juin. Elles témoignent de la nostalgie française d'une époque où la politique côtoyait la légende.

 

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